mardi 8 janvier 2013

La sécurité privée en question.


 La sécurité privée :


Aujourd'hui la sécurité privée manque de visibilité dans la définition de ses missions et ses prérogatives. Les institutions étatiques laissent un champ large à la sécurité privée en n'assurant plus tous les pans de la sécurité privée, on voit aujourd'hui des habitants de quartier parisien demandé à des entreprises d'assurer la sécurité des biens et des personnes lorsqu'ils ne se constituent pas en milice pour assurer eux-mêmes la sécurité. Si cela est déjà un état de fait alors il faut s'interroger sur ce que doivent devenir dans l'espace privé mais aussi public les entreprises de sécurité. Introduire des normes c'est aussi se prémunir contre des dérives mafieuses qui pourraient envahir ce secteur. Par exemple il est très difficile pour une entreprise de sécurité d'obtenir un port d'arme pour protéger des personnalités privées, ce sont ainsi des gardes belges qui viennent armés sur le territoire national car la législation française ne l'interdit pas pour eux. De même que toute intervention sur la voie publique peut engager pour eux des poursuites pénales et une suspension de la carte professionnelle. Aux États-Unis ou au Royaume-Uni le secteur de la sécurité est sollicitée par la puissance publique et dans certains cas elle remplit des fonctions de service public. Bien sûr ce partenariat existe ponctuellement pour la surveillance des ambassades à l'extérieur de nos frontières, pour la détection des clandestins dans des grands ports français ou l’État délègue parfois cette mission.De même les sociétés de convoyages de fonds permettent un maillage indispensable entre les établissements financiers et les entreprises.  Mais pour la participation du secteur privé à un vrai plan collaboratif il semble qu'un vide existe aujourd'hui. Il y a un monopole de la sécurité qui est dévolu à la police et à la gendarmerie, ce dont nous pourrions nous réjouir si ces 2 institutions avaient les moyens réels d'une action sur le terrain de la sécurité des citoyens. Pour cela il faudrait peut-être redéfinir les missions de police autour du service aux citoyens et moins de l’État.  Nous savons que la "sécurité globale" (cf art.) permet de comprendre et de maintenir une surveillance sur les groupes terroristes mais cela ne doit pas faire oublier les doléances légitimes des personnes. A moins de modifier les objectifs de la police il faut donc se tourner vers des acteurs privés de la sécurité. Et dans ce cas nous avons obligation de produire un cahier des charges des services et des prestations qui possède aussi un volant éthique. Par minimisation du problème ou ignorance de celui-ci nous risquons d'oublier qu'aujourd'hui dans le paysage de la sécurité les polices municipales commencent à jouet un rôle actif qui n'est plus objet de débat, en instituant des polices locales il y a modification des missions de la police et de la gendarmerie en même temps que la redécouverte d'une police de proximité. Malheureusement la sélection et la formation de ces policiers municipaux n'a pas été à la hauteur des ambitions, souvent outil politique plus qu'outil de sécurité nous nous sommes retrouvé avec des sous-polices sans une ligne directrice claire. Les choses changent en même temps que les enjeux, la sélection devient plus sérieuse et la formation désormais assistée par la police nationale est de qualité. Le port d'arme n'y est pas pour rien, la dotation en TaserX26 où en Tonfa donne en même temps qu'un pouvoir une responsabilité. Mais quand est-il de la sécurisation d'un périmètre d'habitation ? Les propriétés fortifiées font une apparition encore discrète mais réelle sur notre sol national, qui en assure la sécurité sinon les entreprises de sécurité ? Il faut produire des assises de la sécurité qui mette à jour un panoptique sécuritaire qui englobe les acteurs quotidiens d'une sécurité qui sont souvent abandonné par le législateur et ignoré du citoyen. Pourtant c'est tous les jours que nous croisons des vigiles dans les centres commerciaux, magasins.. que chaque jour il demande l'ouverture des sacs sans que la loi ne le permette et sans une formation réelle pour le faire et le cas échéant intervenir. Le problème de la formation est fondamentalement lié à un problème de reconnaissance, en même temps que le fait de confier notre sécurité à des interlocuteurs intéressés financièrement engage aussi une interrogation sur une finalité disjointe du service public et de ses missions. D'où l'idée d'une force adjointe qui permettrait un renforcement sur le terrain de la sécurité tout en laissant à l'Etat la conservation de la maîtrise de ces forces. Bien sûr cela serait inutile si une augmentation conséquente des forces de l'ordre arrivait, si la justice disposait dans le même temps d'un matériel humain et financier suffisant pour l'accomplissement de ses missions et que l'appareil pénitentiaire puisse reformer puis réinsérer les individus qui lui sont confiés. 




Le Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps) est une première touche dans cette volonté de compréhension et d'unification de cet univers complexe et ramifié de la sécurité privée, il s'agit d'un «Organisme de régulation et de représentation, le conseil (qui) marque enfin le passage de la sécurité privée à l'âge adulte, avec les responsabilités et les devoirs que cela impose» écrit Alain Bauer qui voit dans l'encadrement de la sécurité privée un enjeu majeur de la sécurité nationale du XXIième siècle.


La place qu'occupe aujourd'hui la sécurité privée dans la gestion des crises à l'étranger et la lutte contre le terrorisme doit se comprendre dans la protection des sites des compagnies étrangères sur les territoires sensibles. Un groupe comme Géos est spécialisé dans cette protection dont les compagnies commerciales ne prennent pas toujours la mesure et la nécessité.

2 commentaires:

Emmanuel Labelle a dit…

Très bonne article. je le partagerai sur notre page facebook.
Mais il y a un petit commentaire que je dois laisser...
Vous avez dis:
"Pourtant c'est tous les jours que nous croisons des vigiles dans les centres commerciaux, magasins.. que chaque jour il demande l'ouverture des sacs sans que la loi ne le permette et sans une formation réelle pour le faire et le cas échéant intervenir."

Si la sécurité en France et la même qu'au Canada un agent de sécurité privée a le droit de vous demander d'ouvrir vos sacs. Vous avez le droit de refuser et il a par la suite le droit de vous interdire l'accès au lieux pour des raisons de sécurité.

Ici au Québec à L'Académie de sécurité I.G.S. ( http://academie-igs.com )nous donnons une formations de base mais quand même assez complète pour que nos étudiant sachent se débrouiller sur le terrain.

Mais de la à remplacer les agents de police je pense que le fossé est large.

thierry novarese a dit…

Bonsoir et merci pour votre commentaire. Vous avez raison le droit permet de demander l'ouverture des sacs et non la fouille, le refus est possible au risque de l'interdiction d’accès. Il existe des cas de coopération importante de la police avec la sécurité privée c'est le cas de l'Angleterre qui fait aujourd'hui une délégation du service public pour des missions de protection mais aussi de surveillance et les patrouilles. La France pour sa part utilise ces mêmes entreprises pour le contrôle des passagers dans les aéroports ainsi que dans la lutte contre l'immigration clandestine à Calais. Il est dommage que la France ne pose pas une politique collaborative plus grande et plus transparente avec le secteur privé. Votre académie forme effectivement les étudiants aux missions de contrôles mais aussi aux GTPI qui comprennent la neutralisation. Malheureusement le secteur privé en France ne bénéficie que de peu de formation de qualité. Thierry Novarese